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Un survol de la Bible 
Le texte de la Bible est-il fiable ?
     Quand on sait que la Bible a été recopiée à la main, par des scribes, même au-delà de 1455, date de l'apparition de l'imprimerie, on est en droit de se demander si le texte n'a pas subi certaines altérations au cours des siècles.
     Un premier test consiste à comparer entre eux plusieurs manuscrits provenant de régions éloignées : on peut observer que les textes sont quasiment identiques, à l'exception toutefois de quelques «variantes» mineures.
     Une autre vérification découle de la découverte fortuite en 1947, près de la mer Morte, de manuscrits bibliques anciens datant du 2e siècle avant J.-C. Cette bibliothèque compte près de 250 écrits ou commentaires bibliques, certains à l'état fragmentaire, d'autres plus complets, comme le rouleau du livre d'Ésaïe. Nous pouvons donc vérifier comment le texte a été transmis sur une période de près de mille ans.
Quels livres font partie de la Bible ?
     Vers 90 après J.-C., à Jamnia, des rabbins ont fixé la liste des livres bibliques reconnus par les juifs.
Seuls les trente-neuf livres réputés avoir d'abord été écrits en hébreu font partie de cette liste.
      Les chrétiens ont très tôt ajouté à cette liste les vingt-sept livres du Nouveau Testament, rédigés en grec. Au total on obtient donc une liste de soixante-six livres. Ils sont appelés canoniques, d'un mot dérivé du grec kanon qui signifie « règle », et constituent la « liste officielle » reconnue.  
     
Un érudit nommé Muratori a découvert en 1740 près de Milan, en Italie, une copie d'un texte latin donnant une liste des livres du Nouveau Testament. L'original de ce document est couramment attribué au prêtre Hippolyte (mort en 235), qui vivait à Rome au début du 3e siècle.
      La Vulgate a conservé des livres tardifs du judaïsme, incorporés dans la Bible chrétienne dès le 3e siècle.Une liste de soixante-treize livres a été officiellement confirmée par le Concile de Trente en 1545.
L'Église catholique romaine a donné à ces livres supplémentaires le nom de deutérocanoniques pour indiquer qu'ils font partie d'une «deuxième liste ».
     Les versions interconfessionnelles de l'Alliance biblique universelle présentent soixante-seize livres, car elles isolent la version grecque du livre d'Esther, les suppléments grecs du livre de Daniel, et elles séparent le livre de Baruc et la lettre de Jérémie.
     Au 16e siècle, le protestantisme s'est aligné sur la liste reconnue par le judaïsme. Il a donc extrait leslivres deutérocanoniques du reste de l'Ancien Testament en les regroupant en une partie distincte à la jonction des deux parties de la Bible. Mais c'est au 19e siècle seulement que le protestantisme francophone a perdu l'habitude de les éditer, malgré l'intérêt certain que présente leur lecture, qualifiée par Luther de «profitable ».
     Les protestants dénomment « apocryphes » ces livres supplémentaires pour rappeler que s'ils présentent de réelles analogies avec les livres canoniques, ils ne font cependant pas partie de la liste reconnue par le judaïsme. Apocryphe vient d'un mot grec qui signifie « caché, secret » ; le même terme d'apocryphe est réservé, dans l'usage catholique et interconfessionnel, à certains autres livres religieux anciens, aussi bien juifs que chrétiens, qui n'ont été admis dans aucun canon.
En vertu des accords conclus en 1968 entre le Secrétariat romain pour l'Unité des chrétiens et
l'Alliance biblique universelle, les sociétés bibliques ont pris l'habitude de mettre à la disposition du public deux éditions : l'une comporte les livres deutérocanoniques, l'autre non, afin de respecter le choix des lecteurs.
   
La Bible se distingue de tous les autres livres : elle est traduite aujourd'hui,au moins en partie,dans plus de 2 300 langues ou dialectes en usage à travers le monde. Elle se diffuse chaque année à plus de 40 millions d'exemplaires.
Un livre intelligible
              La première grande traduction de la Bible juive remonte aux 3e et 2e siècles avant J.-C. Ces livres, rédigés en hébreu, furent traduits en grec, la langue principale du monde méditerranéen à cette époque.
             On appelle cette traduction la Septante, car une tradition rapporte qu'elle est l'oeuvre de septant (70) savants juifs qui auraient achevé leur travail en septante (70) jours.
            Au groupe des livres traduits de l'hébreu, cette traduction grecque adjoignit des livres plus tardifs, écrits en grec et influencés par la culture hellénistique.
            Deux siècles plus tard, les premiers chrétiens parlaient encore le grec. Ils utilisèrent tout naturellement le texte de la traduction des Septante pour appuyer leur propre interprétation.
            La Septante est restée la traduction de référence pour beaucoup de chrétiens, notamment dans les Eglises d'Orient.
            Cette version grecque innove dans l'ordre de classement des livres de l'Ancien Testament. La version hébraïque les range en trois sections : la Tora, les Prophètes, les autres Écrits. La Septante les répartit en quatre catégories : le Pentateuque (les cinq livres de la Tora), les livres historiques, les livres poétiques et sapientiaux, et enfin les livres prophétiques.
Au 4e siècle, saint Jérôme (347 à 420) entreprit pour l'Occident chrétien, qui avait adopté le latin comme langue officielle, une traduction de la Bible en latin, accomplie à partir des langues originales, hébreu et grec. Appuyée sur des manuscrits très fiables, composée dans une langue à la fois belle et
populaire, la Vulgate, achevée en 381, est devenue la traduction officielle de l'Église catholique romaine.
Lorsque Jean Gutenberg inventa le caractère mobile d'imprimerie, c'est avec la version latine de la Vulgate qu'il choisit de réaliser le premier livre imprimé: la Bible en deux volumes (Mayence, 1455).
     Martin Luther fut le premier à traduire et publier le Nouveau Testament dans une langue courante (traduction allemande de 1522).
     La première traduction en langue française fut établie par un catholique, Jacques Lefèvre d'Étaples (Anvers 1530), à partir de la Vulgate latine. Après lui, les traducteurs travaillèrent de plus en plus à partir des textes originaux hébreux et grecs. En 1880, le protestant Louis Segond acheva la première version française reposant exclusivement sur ces textes originaux.
     Depuis lors, les traductions n'ont cessé de se multiplier dans toutes les langues du monde.
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