Quels livres font partie de la Bible ?
Vers 90 après J.-C., à Jamnia, des rabbins ont fixé la liste des livres bibliques reconnus par les juifs.
Seuls les trente-neuf livres réputés avoir d'abord été écrits en hébreu font partie de cette liste.
Les chrétiens ont très tôt ajouté à cette liste les vingt-sept livres du Nouveau Testament, rédigés en grec. Au total on obtient donc une liste de soixante-six livres. Ils sont appelés canoniques, d'un mot dérivé du grec kanon qui signifie « règle », et constituent la « liste officielle » reconnue.
Un érudit nommé Muratori a découvert en 1740 près de Milan, en Italie, une copie d'un texte latin donnant une liste des livres du Nouveau Testament. L'original de ce document est couramment attribué au prêtre Hippolyte (mort en 235), qui vivait à Rome au début du 3e siècle.
La Vulgate a conservé des livres tardifs du judaïsme, incorporés dans la Bible chrétienne dès le 3e siècle.Une liste de soixante-treize livres a été officiellement confirmée par le Concile de Trente en 1545.
L'Église catholique romaine a donné à ces livres supplémentaires le nom de deutérocanoniques pour indiquer qu'ils font partie d'une «deuxième liste ».
Les versions interconfessionnelles de l'Alliance biblique universelle présentent soixante-seize livres, car elles isolent la version grecque du livre d'Esther, les suppléments grecs du livre de Daniel, et elles séparent le livre de Baruc et la lettre de Jérémie.
Au 16e siècle, le protestantisme s'est aligné sur la liste reconnue par le judaïsme. Il a donc extrait leslivres deutérocanoniques du reste de l'Ancien Testament en les regroupant en une partie distincte à la jonction des deux parties de la Bible. Mais c'est au 19e siècle seulement que le protestantisme francophone a perdu l'habitude de les éditer, malgré l'intérêt certain que présente leur lecture, qualifiée par Luther de «profitable ».
Les protestants dénomment « apocryphes » ces livres supplémentaires pour rappeler que s'ils présentent de réelles analogies avec les livres canoniques, ils ne font cependant pas partie de la liste reconnue par le judaïsme. Apocryphe vient d'un mot grec qui signifie « caché, secret » ; le même terme d'apocryphe est réservé, dans l'usage catholique et interconfessionnel, à certains autres livres religieux anciens, aussi bien juifs que chrétiens, qui n'ont été admis dans aucun canon.
En vertu des accords conclus en 1968 entre le Secrétariat romain pour l'Unité des chrétiens et
l'Alliance biblique universelle, les sociétés bibliques ont pris l'habitude de mettre à la disposition du public deux éditions : l'une comporte les livres deutérocanoniques, l'autre non, afin de respecter le choix des lecteurs.