De la Lybie …
Depuis la cour de la prison de Misratah, 210 km à l'est de Tripoli en Libye, on peut entendre le son de la mer Méditerranée. Là se trouvent des centaines de réfugiés érythréens, âgés de 20 à 30 ans, dont des femmes, des enfants et des bébés. Arrêtés au large de Lampedusa ou dans la banlieue de Tripoli, ils sont oubliés dans cette prison depuis deux ans, sans procès. Leur faute? Avoir tenté de rejoindre l'Europe afin de chercher asile.. Ils dorment, entassés jusqu'à 20 personnes dans des chambres sans fenêtres. Ils sont autorisés à sortir dans la cour fermée, sous le regard attentif de la police libyenne. Ils avaient un rêve : fuir la dictature ou l’extrême pauvreté de leur pays afin de trouver l’eldorado européen.
Les Eglises de Lybie ont à coeur de venir en aide à ces réfugiés qui traversent leur pays. Elles essaient de leur apporter une aide en nourriture et en soins de santé mais aussi une aide spirituelle. C’est la Société Biblique de Malte qui leur envoit du matériel biblique. Celle-ci travaille notamment en collaboration avec deux évêques : Mgr Martinelli et Mgr Magro. Ceux-ci essaient de garder de bonnes relations avec les autorités même s’il n’est pas facile d’être chrétien dans ce pays. Ils arrivent à obtenir des autorisations pour importer des Bibles. Des prêtres font un travail formidable en allant à la rencontre de ces réfugiés pour les soutenir dans leur détresse mais aussi pour les avertir des risques de leur projet.
à Malte…
Agrippés aux barbelés encerclant le centre de détention de Hal Far,à Malte, des migrants ont griffonné ces mots sur un tissu blanc : «We are humans !” (Nous sommes des êtres humains !). Ilsbrandissent ce tissu comme s’ils lançaient une bouteille à la mer. Eneffet, leur voyage vers l’eldorado européen s’est arrêté à Malte, bienavant les côtes italiennes, leur objectif de départ. A la suite d’unnaufrage ou d’un arraisonnement dans les eaux territoriales du pluspetit Etat de l’Union européenne, ils sont, depuis janvier, plus de1.000 à s’être échoués ici, en provenance des côtes libyennes.Indésirables, ces migrants sont systématiquement enfermés dès leurarrivée dans l’un des trois centres de détention de l’île, véritablescamps dans lesquels ils tentent de survivre. Exilés de leur pays, cesréfugiés africains se heurtent à une population locale qui lescompare à des «pigeons fondant sur les graines» et les accusent de«prendre le boulot des Maltais pour deux fois moins cher». Cesphénomènes d'ostracisme s'expliquent, selon les autorités, par lataille minuscule de l'île, dont la densité est l'une des plus grandes auMai 2009monde. Selon le gouvernement, l'arrivée d'un seul migrant à Malteéquivaudrait à celle de 1.129 clandestins en Allemagne et 953 enItalie.
Grace Cilia, secrétaire générale de la Société Biblique Maltaise nous explique : « Ces réfugiés réclament eux-mêmes la Bible ainsique l’aide de prêtres et de pasteurs. Ils se créent des espaces chapelles où ils se rencontrent pour prier et se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu. La Bible que nous leur offrons devient leur seul bien propre. Si la paix règne malgré tout dans ces centresfermés c’est en grande partie en raison de la foi partagée. Les églises et les chrétiens qui apportent leur aide à ces hommes et ces femmes en détresse sont tellement reconnaissants de pouvoir recevoir du matériel biblique en diverses langues ! ».
Quelles que puissent être nos opinions sur toutes les questions posées par l’immigration, il y a là un évident besoin. Là où un rêve se brise il faut que renaisse l’espérance et c’est à cette renaissance que s’attachent les quelques aumôniers à l’oeuvre parmi eux, associés aux efforts de la Société Biblique Maltaise.
Parmi cesréfugiés venus d’Afrique se trouvent beaucoup de francophones et de personnes qui ont un arrière-plan chrétien. Ils apprécient grandement de recevoir une Parole de consolation et d’espoir.
Pour répondre à ce besoin, notre Société Biblique Francophone deBelgique n’a pas attendu pour répondre à l’appel de Grace Cilia,secrétaire générale de la Société biblique maltaise. Nous avons envoyé sur cette île, dès la fin du mois d’avril 2009, une palette complète de matériel biblique en français fondamental.
Le coût de cette opération, si l’on compte le matériel envoyé, les frais deconditionnement, de transport et autres coûts indirects s’élèvent à 2.200 euros.
Notre espoir est de voir cette somme couverte par vos dons. Si le montant de ces dons devaient dépasser la somme dépensée, nous nous engageons alors à effectuer un envoi complémentaire dans ce pays. Nous vous remercions vivement pour l’aide concrète que vouspourrez apporter à ce projet. Votre contribution représente un gesteimportant de solidarité et d’encouragement pour ces hommes et cesfemmes au rêve brisé.
Quel que soit l’avenir qui leur sera réservé, ilspourront, grâce à vous et à la Parole de Vie, donner un nouveausens à leur existence. En leur nom, nous tenons déjà à vous dire merci !
G. Mahieu, secrétaire général